Qui en veut au père Noël ?
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La magie de Noël a pris du plomb dans l’aile, au n° 56 de l’avenue Jean-Jaurès à Nogent-le-Rotrou. «Ma colère est un peu retombée, mais quand même ! Je ne comprends pas pourquoi des gens font ça !», s’exclame Marie-Claude Crenier.
Jeudi matin, lorsqu’elle est sortie de chez elle, la férue de décorations n’a pu que constater les dégâts occasionnés par des individus durant la nuit. «Je me suis réveillée, et voilà : plus de père Noël ! J’en avais installé sur les piliers, et certains ont disparu ou ont été abîmés, comme celui-ci», explique la Nogentaise, en désignant le bras cassé de l’homme en rouge et blanc le plus célèbre du monde.
Et ce n’est pas tout : deux pères Noël en tissus ont également été dérobés. «Ainsi que la locomotive de mon fils qui date d’au moins trente-trois ans : je ne vois vraiment à quoi ça sert», avoue-t-elle, perplexe. Pas question néanmoins de porter plainte pour l’instant. «Les gendarmes ont d’autres choses à faire».
150 heures de travail
Si la colère est si vive, c’est parce que Marie-Claude Crenier consacre beaucoup de temps à sa décoration de Noël. «C’est une période de l’année tellement magique !». Rennes sur le balcon extérieur, traîneaux… sans compter l’incroyable réalisation organisée dans sa salle à manger. Au total, elle consacre près de 150 heures à cette passion dévorante.
«Chaque année, depuis environ 20 ans, je prends mes vacances en fin d’année pour m’y consacrer entièrement. Au fur et à mesure, tout cela a pris de l’ampleur».
Début novembre, l’infirmière, qui travaille au centre hospitalier nogentais, se met un peu entre parenthèses pour mener à bien sa réalisation… attendue par tous les voisins. «Les gens s’arrêtent pour regarder. C’est incroyable. Et les yeux des enfants qui brillent…», raconte la jeune grand-mère.
L’étincelle dans le regard des Percherons qui apprécient son travail pourrait bien s’éteindre. Car ce n’est pas la première fois que des individus saccagent son œuvre éphémère. «Il y a deux ou trois ans, on m’avait pris des pères Noël en tissus que j’avais retrouvés près de la chapelle au Pados. Et il y a six ans, c’était un automate et une étoile filante arrachée de son fil électrique…»
Lasse, elle prévient. «Si ça recommence, j’arrête tout. Sauf l’intérieur, bien sûr. Ce serait quand même dommage. Car à chaque fin d’année les gens attendent toujours de voir ma maison décorée…»


