Expulsé, un couple témoigne
« On a bien du mal à s'en remettre. Nous sommes sous le choc ! » Il faut dire que c'est encore frais. Le 12 octobre, quelques jours seulement avant la fameuse période....

Le couple ne pouvait plus payer ses loyers depuis plusieurs mois ; ils ont été expulsés.
« On a bien du mal à s’en remettre. Nous sommes sous le choc ! »
Il faut dire que c’est encore frais. Le 12 octobre, quelques jours seulement avant la fameuse période de trêve hivernale, Michèle, 55 ans, et son ami Alain, 50 ans, sont expulsés.
Cela allait faire six ans en février qu’ils louaient une longère dans un village du canton nogentais. Ils débarquaient alors de Haute-Savoie, d’où Alain est originaire. Leur objectif : avoir la garde de la dernière fille de Michèle, Kelly, aujourd’hui âgée de 20 ans.
« Pendant cinq ans, nous n’avions aucun problème », assurent-ils.
Mais il y a un an, Alain, alors cariste dans une entreprise de Saint-Hilaire-sur-Erre, souffre du bras droit. « J’ai fait une sciatique, et de l’arthrose. Maintenant, je ne peux plus rien soulever. Je suis suivi par les médecins. »
Il tombe donc en arrêt de travail. Puis en arrêt maladie. « Aujourd’hui, je ne touche plus que 317 euros pour deux semaines. C’est tout ce que nous avons pour vivre ! » se plaint-il.
Michèle, elle, est sans emploi. Elle s’occupe de la maison, leurs poulets, moutons, etc.
Pour les Percherons d’adoption, c’est la dégringolade. Joindre les deux bouts est devenu impossible.
Ils l’avouent, depuis un an, ils ne payaient plus leur loyer. « Mais il touche (NDLR : le propriétaire) quand même les aides personnalisées au logement », stipule le couple.
« On se doutait qu’on allait être expulsés, lâche Michèle. Mais on ne se doutait pas que cela allait arriver si vite. »
Choquée, elle se remémore les événements : « Il était 14 heures. Nous buvions tous les deux un café, avec ma fille. Nous avons entendu sonner. J’ai décroché l’interphone. Et là, on me dit, ‘c’est l’huissier, ouvrez-nous’ ».
Et de poursuivre : « quand vous voyez une ribambelle de gendarmes, avec les représentants de l’agence locative, et l’huissier, qui vous mettent dehors. Que vous avez bien du mal à prendre quelques affaires parce que ce sont eux qui sont chargés de les enlever, vous êtes choqués, c’est sûr ».
De plus, si le déménagement de l’habitation, aurait été réalisé ‘correctement’ selon eux, la suite de l’expulsion (grenier et dépendances), « ne se serait pas très bien déroulée ».
« Aujourd’hui, nous n’avons plus rien », constatent Michèle et Alain. Le père de Kelly les héberge. « Mais c’est du dépanage, nous dormons sur des matelas à même le sol. Nous le vivons mal. »
Cette longère, ils n’y étaient pas plus attachés que cela au final. Mais c’est se ‘retrouver à la rue’ qui pèse. « Nous ne savons pas comment nous allons nous en sortir », s’interroge Michèle. Alors qu’Alain, lui, envisage déjà de regagner la Haute-Savoie. Et compte sur le soutien de ses enfants, sur place, pour l’aider à redémarrer dans la vie.
Carine Robinault