
Départ retardé. Des cumulonimbus dans le ciel. Il faut attendre que « cela s’écrase sinon, cela agit comme un aspirateur ». Le décollage initialement prévu à 20 h 15 n’aura lieu qu’à 21 heures.
Et comme moyen de transport, un simple panier et son enveloppe.
Ce soir, Pascal Bergounioux et son père Jean-Michel, tous deux aéronautes, nous font découvrir le pays à bord d’une montgolfière…
Le vent est à présent bien défini. C’est important car c’est lui seul qui va nous guider lors de notre envolée.
Un petit quart d’heure de patience et 2 400 m3 d’air s’engouffrent dans le ballon sur le stade de Champrond-en-Perchet -la commune a accepté de recevoir la société Ballon rêve tout l’été sur ses terres.
À 300 mètres
Dans le détendeur, le propane est chauffé, avant de ressortir sous forme gazeuse. Le panier vacille. Il est prêt. Nous à peine. Le temps d’escalader la « nacelle ». Nos voisins de ballon, eux, n’ont déjà plus les pieds sur terre.
La magie opère. Les habitants venus admirer le spectacle se font de plus en plus petits. Un calme olympien nous envahit. Bien vite perturbé par Jean-Michel qui actionne sa manette. La chaleur nous souffle légèrement dans le dos. Un bruit d’échappement se fait entendre. Un bruit auquel on s’habitue très vite.
La sensation de flottement est intense. Le ballon monte à 300 mètres. Il peut aller à 1000, mais l’objectif est de découvrir de beaux paysages. Le panorama est splendide. Nous survolons Brunelles, en direction de Coudreceau. Des champs à perte de vue. Un chevreuil ici. Une poule faisane là. Des perdrix qui virevoltent dans un champ de blé.
Et au passage, de nombreux curieux qui sortent de leurs habitations. Tous agitent les bras. Invitant parfois les mystérieux voyageurs à partager l’apéritif.
Des montgolfières, ils n’en croisent que très rarement. Assez peu souvent pour être, eux aussi, émerveillés. Une certaine convivialité se dégage.
Pourtant, à l’horizon, plus que des bois. Il faut alors penser à mettre fin à notre escapade. Un champ nous fait de l’œil plus bas. Mais il ne sera pas accessible aux véhicules chargés de venir nous récupérer. Tant pis, quelques minutes de vol gagnées. Et un pré s’offre à nous. « Mettez-vous de ce côté et tenez les sangles », prévient Jean-Michel. Un égard délicat. Pourtant, l’atterrissage sera maîtrisé. Doux, sans secousse.
Il faut alors quitter notre embarcation. Non sans regret.
« Inoubliable »
Vient alors le temps de plier le matériel. Le pré est en fait parsemé de ronces. Toutes les précautions doivent être prises pour ne pas déchirer l’enveloppe. Tout en douceur, et après avoir chassé l’air de la montgolfière, nous rassemblons la « toile ». Un couple de voisins met naturellement la main à la pâte. « Nous vous avons vus passer alors nous avons pris la voiture et vous avons suivi pour vous voir vous poser ! »
« Allez, hop ! » Pas à pas, l’enveloppe de 1 000 m2, soit vingt-deux mètres de haut, rentre dans son sac de transport.
La nuit tombe sur la campagne coudrecéenne. Qu’importe, Pascal Bergounioux installe une table, une nappe, quelques coupes et des petits-fours. L’ambiance conviviale se poursuit. Et les sensations s’échangent. Mauricette et Antoine habitent Champrond-en-Perchet. La montgolfière ? Ils connaissent. « Nous en avions fait à Saint-Nectair. Nous voulions le faire au-dessus de chez nous. C’est super. Nous sommes de nouveau prêts à recommencer », rigolent les époux.
Leur belle-fille, Émilie, évoque quant à elle une première expérience « inoubliable. Nous connaissons la région de la terre mais vue du ciel, c’est différent. Très sympa ».
Quant à la sensation de vertige souvent évoquée par certains. Elle n’existe pas. « Vous savez, je ne monte pas sur un toit et pourtant, je pilote une montgolfière », avoue Pascal Bergounioux.
Il faut dire que l’envie de voler, c’est une histoire de famille… « Le club de Maintenon, auquel Ballon rêve est rattaché, a été le premier créé en France, par mon grand-père, dans les années soixante-dix. » Le virus est passé dans ses veines.
À 40 ans, il a déjà une quinzaine d’années de pilotage derrière lui. Rassurant quand il s’agit de voyager dans les airs à ses côtés.
Carine Robinault
Ballon rêve
En partenariat avec l’Office de tourisme de Nogent-le-Rotrou, Ballon rêve, société basée à Gallardon, propose des baptêmes de l’air d’environ une heure, depuis le site de Champrond-en-Perchet, et prochainement Margon. Des demandes qui peuvent opérer pendant la période estivale.
Billets en vente à l’office de tourisme (02 37 29 68 86) ou auprès de Pascal Bergounioux, 02 37 90 90 80 ou 06 50 50 42 75.
Départs toute l’année, semaine et week-ends, depuis Maintenon, Châteaudun, Dreux et Nogent-le-Rotrou.










