Les comédiens et ‘apprentis danseurs’ jouent l’Avare à Nogent ces 23 et 24 avril
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Julien, Julie, Richard, Emmanuel, Lydie, Laurent, Lydie, Simon-Pierre, Francis, Caroline. Ils sont dix, la trentaine à peine, ou un peu dépassée. Dix comédiens qui monteront sur scène les vendredi 23 et samedi 24 avril. Après deux mois de résidence à la salle Pierre Mendès France, ils vont se donner, tout lâcher.
Tous ont été auditionnés en janvier, pour jouer dans la pièce l’Avare, de Molière, revisitée par, et avec Frédéric Smektala, de la compagnie du Perche. Tous sont acteurs… Et ont appris à danser. Sous les précieux conseils de Lydie Lobjois, professeur à l’association Saint-Jean.
Ce n’est pas sa première expérience de chorégraphe. « Je l’ai déjà fait en Bolivie, pour un réalisateur français. » Alors quant elle a appris pour l’Avare, elle s’est lancée dans l’aventure, les yeux fermés, ou presque.
« Frédéric Smektala m’a contactée il y a un an. Nous ne nous connaissions pas mais il avait entendu parler de mon travail. Et il voulait monter cette pièce avec des gens du secteur. J’ai tout de suite dit oui. Chorégraphier, cela me change du quotidien, même si je fais beaucoup de création dans mes cours. »
Quarante heures de danse
Pourtant, à la base, le classique, ce n’est pas sa tasse de thé. « Fred avait une idée bien précise. Il a rallié du classique mais qui tend vers le contemporain, que j’aime beaucoup. Donc je prends du plaisir. »
Nouveauté ? Un peu quand même pour la danseuse. Elle a dû s’acclimater. Apprendre à travailler avec des comédiens… non danseurs. « Ils bougent beaucoup. Certains sont accrobates. Mais ils ne sont pas danseurs. Ceci dit, ils ont énormément travaillé. Depuis le début, je leur ai donné pas loin de quarante heures de séances de danse. Sans compter les fois où ils ont répété sans moi. »
Une corde de plus
Eux -et en bloc- avouent que la danse ne les a pas effrayés. A aucun moment. C’est même ce qui leur a donné envie de participer à l’aventure ! « C’est une opportunité d’apprendre à danser. » Une corde de plus à leur arc. « C’est plus facile d’apprendre à danser pour un comédien qu’apprendre la comédie à un danseur. Parce que l’acteur, il a déjà une aptitude à bouger son corps », note Julien.
Tous le savaient en venant au casting. Euh, pas totalement en fait. Francis, lui, l’ignorait. Peu importe. Comme ses camarades, il a travaillé d’arrache-pied. Un peu trop ? « On a beaucoup dansé. Je me suis même demandé à un moment quand nous allions nous mettre à répéter les scènes ! » se souvient-il.
Synergie
Débutants, ils l’étaient. Mais Lydie Lobjois de préciser : « J’étais présente au casting et j’ai regardé leurs aptitudes physiques. » Danseurs non. Mais capables de le devenir donc. C’est le but que s’étaient fixés Frédéric Smektala et la chorégraphe.
Et à en juger à l’interprétation du tableau zéro, un jour de répétition, le pari est tenu. L’alchimie fonctionne. La troupe. Ou plutôt, le groupe, aujourd’hui, ne fait plus qu’un. « Synergie », lâche Simon-Pierre. « Notre but, c’est de jouer, de mettre nos tripes sur scène », note Emmanuel.
Entraide
Un but partagé. Un travail commun. Et surtout, des échanges. De l’entraide. Parce qu’au final, on apprend que si les comédiens ne sont pas danseurs, il en est une, dans le lot, qui l’est belle et bien… mais pas comédienne. Caroline a pris quelques cours lorsqu’elle a pris connaissance du projet. « Mais l’essentiel du travail s’est fait sur place avec l’aide des collègues, qu’il s’agisse de la voix, la respiration, les textes, etc. Au départ, j’étais complètement flippée mais en fait, je le prends bien, je le vis bien sur scène, grâce à la patience et l’investissement des autres comédiens. »
Ce qu’elle a reçu de ses compères, elle leur a rendu dans sa discipline de prédilection.
Et le premier filage est une réussite. Les comédiens en sont ressortis satisfaits. Fiers même, concèdent-ils. Le travail se fait en adéquation avec chacun. Sur scène, les dix acteurs ne forment plus qu’un autour de l’Avare. Le résultat final promet d’être époustouflant…
Carine Robinault
Pratique : L’Avare, de la compagnie du Perche, vendredi 23 et samedi 24 avril à 20 h 45 à la salle Pierre-Mendès-France. Réservations au service culturel, 02 37 29 68 52. Tarifs : 10 et 12 euros.


