Le Perche vu sous terre avec le club spéléo de Margon
« Là, au-dessus, il y a un puits. La première salle est située à 45 mètres. » Qui l’eût cru ? Non seulement, le Perche se visite sur terre. Mais en plus, un club de spéléologie existe à Margon. Et ce depuis 1990. Une association qui ne fait pas de bruit. Et pour cause, comme l’explique un de ses membres dans un éclat de rire, « on est souvent sous terre ». Dans le secteur mais surtout dans le Jura ou encore en Côté d’or, les quinze membres du club, présidé par le Margonnais Yannick Haye, diplômé initiateur fédéral, organise des déplacements plusieurs fois par an, pour s’adonner à leur passion. Et Yannick Haye est tombé dans la potion depuis son adolescence. « J’ai commencé à l’âge de 17 ans. » Il faut dire que son père posait des pompes dans les puits… « Plutôt que faire du football, un sport qui n’apporte rien du tout selon moi, je fais de la spéléologie. » Ce qu’il y trouve ? « La découverte. » Et d’avouer dans un large sourire : « Nous n’avons rien trouvé dans le Perche à part quelques fossiles. » Mais l’espoir les fait vivre, lui et ses coéquipiers. « C’est ce qu’on pourrait trouver qui nous plaît ». Et ces trésors, ils les cherchent dans des puits, dans des gouffres. « Il y a de magnifiques cavités en France. » Sérieux et surveillance Armés de leurs baudriers, mousquetons et longes pour s’assurer, ils s’entraînent chez Yannick Haye. « À l’aide d’arbres, j’ai fabriqué une plate-forme à quinze mètres de hauteur. Cela nous permet d’apprendre à monter, descendre et réaliser des fractionnements, c’est-à-dire des changements de corde. » Un sport quelque peu physique mais qui demande surtout du sérieux et de la rigueur, tout comme une surveillance répétée du matériel utilisé. Mais promis, la spéléologie est accessible à tous. « Il faut avoir minimum 14 ans » et ne pas craindre le manque de lumière ou encore la sensation d’enfermement sous terre. Et avant tout, il faut être un amoureux de la nature, la respecter. « Notre credo, c’est pas de dégradation des lieux que nous visitons et pollution zéro. » Aujourd’hui, le groupe margonnais est autonome. « Nous ne faisons plus d’entraînements mais organisons des sorties partout en France. Ici dans le Perche, nous avons un peu fait le tour, même s’il y a des endroits sympathiques à explorer. »
Carine Robinault
Pratique : renseignements auprès de Yannick Haye, 02 37 52 15 82 ou yannickhaye@free.fr


